A l’occasion des Rencontres de l’Innovation Cityway sur les enjeux du pilotage de la mobilité, Rencontre avec Diane Kolin, Chef de projet Cityway-Triplinx à Toronto



Diane, comment t’es-tu retrouvée à travailler chez ton client Triplinx, à Toronto ?

C’était un gros projet et notre client Metrolinx, L’autorité organisatrice de transport de la région du Grand Toronto, était logiquement très exigeant. Une de ses exigences était que nous soyons sur place pour aller plus vite. Alors en 2014, je suis partie avec Jérémy, un architecte logiciel, pour créer sur place, avec l’aide à distance des équipes françaises, le projet Triplinx (a Regional Transit Integrated System). Et pendant un an, nous avions une équipe dédiée à la création du projet chez Cityway.

 

Pourquoi souhaitaient-ils développer un SIM (Multimodal information System) ?

C’était dans la perspective des Jeux Pan Américain et Parapan Américains de juillet et août 2015, pour lesquels Metrolinx a été mandaté pour créer le calculateur de trajet officiel pour la région de Toronto. En partenariat avec le Ministère du Transport de l’Ontario, nous avons créé notre première solution complètement responsive et accessible, orientée autour d’une carte.

Toronto est une ville en plein essor, mais il y avait un manque d’information sur les services de transport. Nous avons créé un grand agglomérateur des données de 12 transporteurs ! Notre architecte logiciel est resté 8 mois sur place pour le faire évoluer, avec l’aide des équipes basées en France.

 

Qu’est-ce qui a le plus contribué à faire aboutir ce projet à ton avis ?

Il y avait un engagement politique fort, le Big Move. Metrolinx est une organisation gouvernementale qui voulait vraiment regrouper tous les acteurs de la région.

 

Quelles sont les grands axes du Big Move ?

Il y a 5 axes clés. Améliorer les transports en commun régionaux en étendant les services de trains régionaux GO Transit existants ; améliorer les services de transports régionaux en créant un nouveau type de train, le RER ; créer Up express, un train pour relier la gare principale -le centre de Toronto – à l’aéroport. Créer un calculateur d’itinéraire régional. Et améliorer la carte de paiement presto, pour qu’elle s’étende à tous les transporteurs. Tous ces projets ont été réalisés, sauf le nouveau train régional, qui est en cours de construction.

 

Qu’est-ce que cela change concrètement, pour ton client, que tu travailles chez eux ?

Je suis complètement intégrée à l’équipe, avec un mail, un ordinateur et un poste de travail Metrolinx. Pour eux c’est plus simple car je communique directement avec Cityway, pour gérer le projet, aider l’adminstrateur (Triplinx est géré par un administrateur formé chez Metrolinx à l’utilisation des outils d’administration créés par Cityway), dérouler et gérer les cas de tests avec l’équipe de testeurs chez le client ou pour remonter d’éventuels problèmes. Je connais les bons interlocuteurs chez Cityway. La communication est plus rapide. Et s’ils se posent des questions sur ce que nous faisons pour d’autres clients, nous pouvons rapidement leur partager des cas techniques. J’ai l’avantage du décalage horaire de 6h: les équipes Cityway travaillent la nuit pour nous ! C’est idéal. Quand le Compte Mobilité est sorti, je leur ai montré des vidéos, une présentation succincte et leur ai transmis les bons contacts pour en savoir plus. Nous nous appuyons aussi sur l’équipe Amerique du Nord / North America.

 

Comment travailles-tu avec les équipes en place ?

Pour aider le client, le contrat me permet de remplacer l’administrateur Triplinx qui intègre les données et répond aux différents interlocuteurs. Quand il est malade par exemple, ou qu’il n’a pas le temps, il fait appel à moi.

Je travaille en équipe avec lui. Je lui ai créé des rapports personnalisés qui remontent automatiquement des statistiques et lui permettent de voir quels sont les trajets les plus fréquentés, les lignes les plus utilisées, pour chaque partenaire.

Il se sert de ces projets pour envoyer des rapports mensuels aux transporteurs présents sur Triplinx.

Selon les besoins, je passe de la casquette chef de projet, au développeur/testeur, à l’administrateur ponctuel de la solution.

Il y a une agence de contrôle (IBI Group), dont le rôle est de vérifier que tout se passe bien dans les termes du contrat. Ils sont présents à nos réunions projet qui ont lieu toutes les semaines.

 

Qu’as-tu apporté en plus de ton expertise technique ?

Nous avons amené une connaissance terrain du multi modal, et avons travaillé sur l’interconnexion entre agences (transporteurs), c’est quelque chose que nous faisons fréquemment chez Cityway. Nous les avons également aidé à communiquer les uns avec les autres. C’est parfois difficile, car il faut s’entendre sur les étapes à réaliser en commun : les formats de données, la présence aux workshops, des deadlines à respecter, tous ces éléments importants pour que ce projet-là puisse se faire. Mais en 2014, tout le monde voulait être prêt pour les Pan Am Games ! Et on avait une bonne directrice de projet chez Métrolinx, qui était tellement motivée qu’elle a fait bouger des planètes ! Aujourd’hui, le projet a bien évolué grâce aux contributions d’autres directeurs de projets Metrolinx.

 

Quel est ton bilan de cette collaboration, qui va se poursuivre encore jusqu’en 2020 ?

Les équipes Metrolinx sont très contentes. Nous leur apportons des réponses rapides tout le temps. Et le fait que je sois sur place a créé un rapport de confiance entre nous, d’amitié avec certains collaborateurs.

 

Quel conseil donnerais-tu à des personnes qui souhaiteraient faire le même travail que toi, chez un client ?

Ne pas avoir peur du changement. Cela a été un grand changement pour moi, car je suis passée de la France qui est un petit pays, à un territoire immense, il faut penser différemment. Et le fait de rencontrer une autre façon de voir le transport en commun, c’est très enrichissant.

 

Pour en savoir plus: contact@cityway.fr